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23/05/2008

Ecoutez Gilles Haumont

Gilles Haumont présente son premier roman "L'Origine du mal" (Anne Carrière, 430 pp., env. 22 €). un thriller 5cb4b958ad3fa10dc093f2366619cef1.jpgd'anticipation sur l'origine de l'homme.


podcast

22/05/2008

L'interview de Gilles Haumont

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Dans un avenir proche, une manipulation génétique extermine en quelques jours toute la population du continent nord-américain. À la suite de ce terrible accident, une institution est créée afin de contrôler et monopoliser les recherches génétiques mondiales : INGEN. Alors que Guillaume Beaumont, brillant généticien français, fait ses débuts à l’INGEN avec deux de ses amis, une série de meurtres se produit au sein de la petite communauté si bien gardée.
Gilles Haumont, directeur d’un réseau de magasins de joaillerie à New York, évoque la génétique et la question de l’éthique à travers la confrontation des théories sur l’origine de l’homme dans “L’Origine du mal” (Anne Carrière, 430 pp., env. 22 €)
Quand on travaille dans les affaires, comment devient-on écrivain ?
J’ai fait des études scientifiques puis j’ai changé de direction, mais j’ai toujours beaucoup lu et gardé ce rêve d’écrire. Un jour, j’ai commencé à me passionner sur le thème de la génétique et à prendre des notes. Je voulais évoquer deux problèmes, l’un scientifique, l’autre – de manière humble –, philosophique.
Pourquoi la génétique ?
C’est passionnant ! La date du décodage complet du génome, en 2000, va rester dans l’histoire de l’humanité. On a vraiment le mode d’emploi complet de fabrication d’un être humain. Sur les plans scientifique, philosophique et humain, c’est un immense pas en avant. Et puis, le darwinisme est étonnant. C’est la dernière grande théorie du XIXe siècle encore en cours. Toutes les lois de Newton ont été revues de fond en comble par Einstein, la vision de l’infiniment petit a éclaté lors de l’arrivée de la physique quantique, etc. Seul le darwinisme s’est renforcé. Je crois qu’on est à la veille d’une révolution. Dans “L’origine du mal”, j’ai voulu confronter le darwinisme au créationnisme et à l’intelligent design.
Allons-nous vraiment vers un eugénisme de cette ampleur ? Une institution comme l’INGEN peut-elle voir le jour prochainement ?
On va très vite prendre conscience que la génétique est une technologie à risque, très puissante et très dangereuse. Demain matin, on arrivera à créer de petits organismes de toutes pièces. Il est très difficile de maîtriser la technologie nucléaire; alors, la génétique, ce sera encore plus compliqué. On devra sans doute contrôler les choses avec beaucoup plus de force parce que n’importe qui sera capable de manipuler le génome dans sa cuisine. Le clonage humain, c’est pour demain.
Même si le roman est un tout, vous variez les genres…
Cela m’a amusé de jouer avec des genres connus, mais sans faire de parodie, parce que je voulais multiplier les portes d’entrée vers plusieurs univers.
“Guillaume Beaumont”, cela ressemble à Gilles Haumont…
C’est un clin d’œil, un moyen de jouer avec l’idée de faire une projection de moi-même. Mais ce n’est pas moi !
Ce roman vous a-t-il donné envie de continuer à écrire ?
Je crois que le virus a pris…
C.P.
Crédit photo : Christophe Bortels

22/04/2008

Patricia Mac Donald, magicienne du suspense

19cb38c870fef9887097240fd657e01b.jpgLes romans à suspense commencent toujours par un meurtre, en particulier ceux de Patricia Mac Donald. Dans “Rapt de nuit” (Albin Michel, 385 pp., env. 21,50 €), la jeune Tess est témoin de l’enlèvement de sa sœur que la police retrouvera deux jours plus tard, violée et assassinée. Lazarus, le coupable, est arrêté et exécuté sur le témoignage de la petite sœur, Tess. Vingt ans plus tard, un test révèle que l’ADN retrouvé sur le corps de Phœbe ne correspond pas à celui de Lazarus. Tess décide de découvrir la vérité, quitte à revivre le cauchemar de son enfance... L’intrigue bien ficelée et les ingrédients du suspense, l’Américaine Patricia Mac Donald les maîtrise à merveille : elle a l’art et la manière de tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Rebondissements, secrets de famille et tourments sèment le doute, chacun est suspect dans cette atmosphère provinciale oppressante. Rencontre avec l’une des magiciennes du suspense psychologique.
Votre mari, Art Bourgeau, possède l’une des plus importantes librairies spécialisées en polars des Etats-Unis. Vous-même, lisez-vous beaucoup ?
J’ai toujours beaucoup aimé Agatha Christie et Ruth Rendell, P.D. James, et d’autres auteures anglaises. Aujourd’hui, je ne lis pas énormément de polars parce qu’il m’est trop facile de deviner les intentions des écrivains. Après trente pages, je comprends tout et c’est frustrant.
On vous compare souvent à Mary Higgins Clark...
J’en suis flattée mais je ne lis pas ses romans pour ne pas être accusée de lui voler des idées. Quand j’ai commencé à écrire, elle m’a aidé un peu. Elle m’a conseillé de changer la fin de ma première histoire, pour ne pas tuer le personnage principal. Alors j’ai modifié ! C’est une femme formidable.
Où trouvez-vous l’inspiration ?
Je cherche des faits divers, des crimes qui semblent bizarres. Souvent, je mêle deux faits divers comme pour “Rapt de nuit”. Il y avait l’histoire d’une famille qui faisait du camping et la tente a été déchirée avec un couteau pour enlever un enfant. Et un autre enlèvement terrible, la nuit, dans la chambre où deux sœurs dormaient, un malfaiteur a enlevé l’une des deux et a dit à l’autre de se taire, sinon, il la tuait. C’est horrible. Grâce à Dieu, cette petite fille a été rendue à sa famille.
Quels sont les ingrédients du suspense ?
Les tuyaux sont assez simples : à la fin de chaque chapitre, il faut laisser une action en suspens, étirer les moments terribles. C’est une question de rythme. J’essaie aussi de donner un secret à chaque personnage. Ce qui est compliqué, c’est mettre en place les personnages, les suspects avec vraisemblance parce qu’on doit suspecter tout le monde.
Vous avez beaucoup de succès en Belgique et en France...
Je suis très contente d’avoir trouvé des lecteurs ici. Aux Etats-Unis, mon éditeur me dit que mes livres sont trop noirs, déprimants, qu’il n’y a pas assez d’amour... Ici, il y a une tradition du “noir”, on n’évite pas la vie quotidienne, on s’y intéresse.
Que pensez-vous des séries policières américaines?
Je ne les regarde pas. Je n’aime pas voir des cadavres, du sang... ça me fait peur.
Rencontre parue dans le cahier "Lire" du 25/01/2008