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10/06/2008

Cara Zina : vidéo

La vidéo assez rigolote de Cara Zina présentant son livre : "Heureux les simples d'esprit". Les vidéos promotionnelles se multiplient dans le monde éditorial. Etrange de promouvoir un livre par un film. Cela deviendrait-il une mode ?

 


06/06/2008

Cara Zina

08487b7c1343ad49eb16608021dd3ac8.jpgEcoutez Cara Zina, ancienne punk, copine de Virginie Despentes, aujourd'hui mère de famille et maîtresse d'école présenter son livre : "Heureux les simples d'esprit" (Robert Laffont, 226 pp. 18 €)


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Cara Zina

6a1c0dacd8ea954e64154d72414175ce.jpgComment être une mère courage et une maîtresse d’école respectable quand on est bouillonnante de révolte ? “Heureux les simples d’esprit” (Robert Laffont, 226 pp., env. 18 €), est le récit d’une insoumission.

Précédée d’une réputation sulfureuse pour avoir arpenté les salles de concert avec Virginie Despentes, Cara Zina publie son premier roman où elle romance ses souvenirs personnels. De son parcours d’adolescente punk – de la manche et des squats à la vie en meute jusqu’à la fondation du groupe “Les Straight Royeurs” – à sa vie d’adulte responsable, mère d’un enfant handicapé et fonctionnaire de la République, Cara Zina exprime le sentiment de décalage et le regard des autres qui la renvoient sans cesse à la marge dans un petit livre décousu, plein d’humour. Rencontre avec celle qui fut punk sans être nihiliste, rebelle sans être pessimiste, aujourd’hui la tête encore pleine de révolte et d’utopies.

Rencontre :

Ce roman est une autofiction ?

Oui, cela part de la réalité pour aller vers la fiction. C’est un ton volontairement personnel parce que je m’exprime mieux ainsi. La forme mêlant de multiples courts textes me permet toutes les digressions. J’ai besoin que le personnage me ressemble. Tout est fortement inspiré de la réalité, comme des souvenirs revisités. Ce que j’ai écrit est très différent de ce que Virginie Despentes explique dans “Bye bye Blondie” et, pourtant, on a vécu la même chose. Nous n’avons pas la même vision, chacune a son interprétation de la réalité.

Un mot revient en permanence : “optimisme”…

 C’est un essai sur le bonheur, une réflexion sur la faculté d’adaptation, la tolérance, l’ouverture d’esprit. L’optimisme, c’est une façon fondamentale de voir les choses. Une question de survie. Etre rebelle et fonctionnaire, ce n’est pas contradictoire ? On n’est pas obligé d’adopter toute la panoplie quand on enfile un costume. Je ne me suis jamais vraiment sentie punk parmi les punks, pas plus que je me sens parent d’un enfant handicapé parmi les parents dans le même cas. On est fait de paradoxes. On ne peut pas avoir une vision manichéenne du monde. Heureux les simples d’esprit, ceux qui ne s’interrogent pas !

 La tolérance, cela passe par l’empathie ?

Oui, même si cela fait vaciller des convictions parfois. L’empathie nous aide à avancer et à comprendre les autres pour ne pas rester fermé. L’ouverture d’esprit est essentielle pour prendre conscience qu’on ne ressemble pas à ce qu’on a l’air d’être. Vous écrivez “C’est dur d’être une fille”.

 Vous êtes féministe ?

 Je me rends compte que, chaque jour, je dois prouver que je peux m’en sortir seule. Je n’ai besoin de personne pour exister. Si je vis seule, c’est pour ne pas me reposer sur quelqu’un. Même au quotidien, ce n’est pas facile de rentrer seule le soir, de s’habiller comme on veut. Le combat peut sembler dépassé mais je crois qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Vous pensez qu’on change de combat en fonction de l’époque mais pas de convictions ?

 Oui, on ne change pas vraiment de personnalité. Il faut s’adapter à la vie.

Crédit photo : Christophe Bortels