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22/04/2008

Patricia Mac Donald, magicienne du suspense

19cb38c870fef9887097240fd657e01b.jpgLes romans à suspense commencent toujours par un meurtre, en particulier ceux de Patricia Mac Donald. Dans “Rapt de nuit” (Albin Michel, 385 pp., env. 21,50 €), la jeune Tess est témoin de l’enlèvement de sa sœur que la police retrouvera deux jours plus tard, violée et assassinée. Lazarus, le coupable, est arrêté et exécuté sur le témoignage de la petite sœur, Tess. Vingt ans plus tard, un test révèle que l’ADN retrouvé sur le corps de Phœbe ne correspond pas à celui de Lazarus. Tess décide de découvrir la vérité, quitte à revivre le cauchemar de son enfance... L’intrigue bien ficelée et les ingrédients du suspense, l’Américaine Patricia Mac Donald les maîtrise à merveille : elle a l’art et la manière de tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Rebondissements, secrets de famille et tourments sèment le doute, chacun est suspect dans cette atmosphère provinciale oppressante. Rencontre avec l’une des magiciennes du suspense psychologique.
Votre mari, Art Bourgeau, possède l’une des plus importantes librairies spécialisées en polars des Etats-Unis. Vous-même, lisez-vous beaucoup ?
J’ai toujours beaucoup aimé Agatha Christie et Ruth Rendell, P.D. James, et d’autres auteures anglaises. Aujourd’hui, je ne lis pas énormément de polars parce qu’il m’est trop facile de deviner les intentions des écrivains. Après trente pages, je comprends tout et c’est frustrant.
On vous compare souvent à Mary Higgins Clark...
J’en suis flattée mais je ne lis pas ses romans pour ne pas être accusée de lui voler des idées. Quand j’ai commencé à écrire, elle m’a aidé un peu. Elle m’a conseillé de changer la fin de ma première histoire, pour ne pas tuer le personnage principal. Alors j’ai modifié ! C’est une femme formidable.
Où trouvez-vous l’inspiration ?
Je cherche des faits divers, des crimes qui semblent bizarres. Souvent, je mêle deux faits divers comme pour “Rapt de nuit”. Il y avait l’histoire d’une famille qui faisait du camping et la tente a été déchirée avec un couteau pour enlever un enfant. Et un autre enlèvement terrible, la nuit, dans la chambre où deux sœurs dormaient, un malfaiteur a enlevé l’une des deux et a dit à l’autre de se taire, sinon, il la tuait. C’est horrible. Grâce à Dieu, cette petite fille a été rendue à sa famille.
Quels sont les ingrédients du suspense ?
Les tuyaux sont assez simples : à la fin de chaque chapitre, il faut laisser une action en suspens, étirer les moments terribles. C’est une question de rythme. J’essaie aussi de donner un secret à chaque personnage. Ce qui est compliqué, c’est mettre en place les personnages, les suspects avec vraisemblance parce qu’on doit suspecter tout le monde.
Vous avez beaucoup de succès en Belgique et en France...
Je suis très contente d’avoir trouvé des lecteurs ici. Aux Etats-Unis, mon éditeur me dit que mes livres sont trop noirs, déprimants, qu’il n’y a pas assez d’amour... Ici, il y a une tradition du “noir”, on n’évite pas la vie quotidienne, on s’y intéresse.
Que pensez-vous des séries policières américaines?
Je ne les regarde pas. Je n’aime pas voir des cadavres, du sang... ça me fait peur.
Rencontre parue dans le cahier "Lire" du 25/01/2008