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03/12/2008

Le Prix Rossel à Bernard Quiriny

Bernard Quiriny a reçu le prix Rossel, ce mercredi, des mains de la ministre de la culture de la Communauté française, Fadila Laanan.

 


Voici la critique des "Contes carnivores" :

On rencontre une foule de personnages étranges dans les “Contes Carnivores”. Un évêque victime d’un dédoublement de corps s’efforçant de cacher l’un pendant qu’il habite l’autre : “ Songez aux difficultés que présente le moindre déplacement dans l’état qui est le mien ! Il me faut emmener mon corps dans mes bagages, sans quoi je risque de revenir là où je me suis laissé” souligne-t-il dans “L’épiscopat d’Argentine”; un homme percevant les conversations qui le concernent même quand les personnes se trouvent à des centaines de kilomètres ou bien un botaniste tellement passionné par ses plantes carnivores que la situation en devient malsaine : “ L’une des feuilles s’est alors élancée vers ma main et l’a mordue. Si je n’avais pas eu le réflexe d’ôter mon bras, elle m’aurait arraché le poignet […] Merveilleux, non  ?”

Merveilleux. Les quatorze nouvelles de Bernard Quiriny basculent plutôt du côté du fantastique. Le brillant auteur, à peine trentenaire, né en Belgique et journaliste à Chronic’Art, signe un deuxième recueil extra-ordinaire, à l’écriture classique et soignée, où chaque mot choisi suscite d’impatients frémissements chez le lecteur. Loin du spleen des auteurs en mal d’amour choisissant l’introspection et l’écriture comme moyens d’expiation de leur mal-être, Bernard Quiriny apporte une véritable bouffée d’air frais grâce à un style raffiné sans préciosité ni complaisance. On dévore ses “Contes carnivores” en essayant de deviner quelle fantastique histoire suivra, l’auteur surprenant toujours.
PIERRE GOULD
Les nouvelles faisant montre d’une imagination sans limites, on songe à Edgard Poe et à son Gordon Pym ou à Julio Cortázar pour sa manière de traiter le quotidien avec un soin du réalisme particulier, puis d’introduire l’élément perturbateur qui entraînera l’évaporation des repères. D’éléments étranges en situations rarissimes, Bernard Quiriny manie le fantastique comme Jorge Luis Borges : avec une humble érudition – des auteurs réels ou imaginaires nourrissent sa plume. On peut notamment y croiser Thomas de Quincey et son essai d’humour noir “De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts” ou Pierre Gould, son personnage récurrent.
Présent également dans son premier recueil de nouvelles, “L’angoisse de la première phrase” (Phébus, 2005), qui a remporté le prix de la Vocation, Pierre Gould semble avoir plusieurs vies, se transformant au gré de son créateur. Une fois surveillant dans un internat de garçons, l’autre fois, poète cynique, voyageur, insomniaque, doux rêveur, possédant le don d’ubiquité, mais le plus souvent, écrivain (Pierre Gould, double de Bernard Quiriny ?), il est fascinant, voire, magique.
COMME PAR ENCHANTEMENT
On rencontre aussi des personnages poétiques qui n’en sont pas moins étranges dans ces “Contes carnivores” : un tueur à gages doté d’un sens de l’esthétisme et qui souhaite revendiquer la paternité d’une œuvre d’art, la jeune femme découvrant l’évêque aux deux corps, “Fascinée, je laissais mon regard aller de l’évêque vivant à l’évêque mort, très étonnée – et, maintenant sue la peur avait passé, presque enchantée – de savoir que demain le mort pourrait revivre et le vivant mourir”, mais aussi un amateur d’un art peu connu : l’assassinat. Considérant les marées noires comme “l’un des plaisirs les plus raffinés qui se puissent imaginer pour l’œil et l’esprit”, Pierre Gould (encore lui !) initie un lamaneur à la douce poésie de l’odeur du pétrole et à la beauté des plaques dérivant à la surface de l’océan. Ces esthètes insolites côtoient également “Quelques écrivains, tous morts” et une magnifique femme-orange : recouverte d’une peau d’orange, il faut lentement la peler pour en cueillir le fruit puis la boire à la paille. On finit aussi par s’étonner que de merveilleux artistes apparaissant au cours des nouvelles n’aient réellement existé, tels ce musicien qui a voulu “faire mugir la tour Eiffel” et le peintre sur œufs.
Les nouvelles de Bernard Quiriny résonnent et se répondent, Enrique Vila-Matas, personnage du premier recueil “L’angoisse de la première phrase”, préface avec brio les “Contes carnivores”. S’assimilant à Pierre Gould, il achève son savoureux texte avec ces mots, effaçant déjà les frontières entre réel et imaginaire pour semer le doute : “Ce livre ne serait-il pas de Pierre Gould, ne serait-il pas de moi ? J’en réclame la paternité.”
De quiproquos en curiosités, comme des légendes intemporelles, ces nouvelles fantastiques ravivent des frayeurs enfouies, intriguent, bouleversent et amusent, mais surtout, enchantent. C’est sans doute pour cette raison que Bernard Quiriny a choisi cette citation d’Ambrose Bierce en exergue : “Si ces faits stupéfiants sont réels, je vais devenir fou. S’ils sont imaginaires, je le suis déjà.”
Contes carnivores, Bernard Quiriny, Seuil, 245 pp., env. 18 €

Commentaires

On fait l'éloge de la vive imagination de Quiriny,moi, je ne trouve dans ses "Contes" que du délire. Il n'y a pas une once d'humanité dans ces personnages monstrueux. Ce livre ne nous parle pas de l'homme et de ce qui le rend tellement passionnant dans les vicissitudes de la vie. L'auteur met sous nos yeux horrifiés des monstres issus d'un esprit malade. Quiriny est un malade qu'il faut soigner. Pour preuve sa vision malsaine de la sexualité, sa complaisance dans la mort, et pour ma part sa forte tendance suicidaire. Une phrase issue de la critique est absolument révoltante car elle s'attaque à une part importante de la littérature." Loin du spleen des auteurs en mal d'amour...

Écrit par : simon jules | 30/12/2008

Le commentaire ci-dessus, de Jules Simon, me paraît bien injuste. Soir après soir, je grignote une de ses nouvelles et m'en porte fort bien.
La bonne de l'évêque, surprise de voir deux lits dans sa chambre, réagit comme tout un chacun, mais ne s'ancre pas dans des préjugés et des condamnations.
Chez Quirini, l'étonnement s'ouvre sur d'autres horizons, et à moins de lire comme un vers de terre, le lecteur prend vite son envol.
http://grain-de-sel.cultureforum.net/auteurs-francais-et-d-expression-francaise-f3/bernard-quiriny-t5063.htm

Écrit par : rotko | 09/02/2009

http://bonjourlivres.skynetblogs.be/

Écrit par : Johan Rinchart | 26/03/2009

" Il n'y a pas une once d'humanité dans ces personnages monstrueux. " Pas étonnant. Car Bernard Quiriny fut aussi le minable Raoul Marx, son pseudo sur le forum (aujourd'hui fermé pour cause de trollings tous azimuts) de Chronic'art, "l'excellent Chronic'art" où d'un côté il officiait enveloppé de sa superbe de critique littéraire prétendument objectif et magnamime, et où de l'autre, en tant que Raoul Marx, il s'occupait personnellement, anonymement, consciencieusement, obsessionnellement, de taper sur tous les ennemis du sarkozysme : les repentants, les voyous, les grévistes, les fonctionnaires, les syndicalistes, les marxistes, etc. L'imitateur médiocre de Cortazar cache donc, qu'on le sache, une crapule schizophrène, profondément et ridiculement conformiste, haineuse et suiviste. Le journal papier Chronic'art, qui publia un temps une chronique de ce Raoul Marx en le présentant hypocritement comme un simple "lecteur" alors qu'il en était un rédacteur, vantait sa "mauvaise foi". C'est dire que Quiriny se soucie de la vérité comme d'une guigne. Du reste, son principal souci de petit blanc peureux et sournois, lecteur compulsif d'Ivan Rioufol (dont il copiait en long et en large les chroniques dégueulasses sur le forum), était l'ethnomasochisme qui selon ces tristes sires mine la civilisation blanche chrétienne... Le plus drôle dans cette histoire est que c'est la grenouille de bénitier Juan Asensio (que Raoul Marx défendait contre vents d'hilarité et marées consanguines sur le même forum toujours) qui a perfidement dévoilé son identité dans une de ses notes mal fichues (cliquer sur mon pseudo). Bonne journée, Raoul.

Écrit par : Baldanders | 02/11/2009

Un auteur sympathique à prendre au second degré, selon moi. Loin d'être un génie de la littérature, je ne pense pas qu'il mérite tous les prix qu'il a reçu. Ses nouvelles sont absurdes, drôles et dénuées de sens, bien que je me sois creusé la tête pour leur trouver une quelconque valeur métaphorique.

Écrit par : xeno zero | 07/10/2010

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