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16/05/2008

L'interview de Guillaume Musso

Guillaume Musso est un phénomène. Avec quatre livres vendus à plus de 3 millions d’exemplaires, il figure parmi les écrivains les plus lus en France et en Belgique. Malgré cet immense succès, le jeune auteur de trente-quatre ans, professeur d’économie 1459f91dfbe9b2bb22ecc884b394c18c.jpgdans un lycée international, reste humble et disponible, toujours surpris par l’engouement de ses lecteurs avec qui il entretient d’étroites relations.

 “Je reviens te chercher” mêle les trajectoires de trois personnages à la dérive, Ethan, Jessie et Céline, qui vont se croiser sans savoir que ces rencontres prendront une importance cruciale dans leurs vies. Un roman sur le choix, la seconde chance et l’amour. Des thèmes qui, sans doute, plairont et toucheront de nombreux lecteurs.

Comment créez-vous les personnages ?

Souvent, on me dit qu’ils sont humains parce qu’ils ont des failles et des doutes. Pour développer cette humanité, j’écris des mini-biographies, de leur naissance à leur mort, et même si je ne garde que 5 pc à la fin, cela m’aide à créer des personnages de chair et de sang.

Vous allez aussi sur les lieux où se déroule l’action du roman, ici New York et Boston...

J’ai cette chance. C’est un luxe mais il n’y a pas de descriptions à rallonge dans mes livres, j’essaie plutôt de transmettre une atmosphère, l’air du temps. C’est un peu un travail de journaliste, je fais des repérages avec mon appareil photo.

Peut-on dire que c’est une technique littéraire?

Il n’y a pas de méthode, il y a seulement des choses que j’ai l’habitude de faire. Ecrire un roman reste une activité artisanale qui nécessite de l’émotion.  L’essentiel est de créer avec ses tripes, avec sensibilité. J’essaie toujours d’écrire des livres que j’aimerais lire. Bien sûr, il y a du travail, l’écriture est un voyage douloureux et solitaire, il faut accepter de se faire mal. J’aime cette phrase d’Anna Gavalda: “Il faut beaucoup travailler pour faire croire qu’on ne s’est pas foulé”. Comme la fameuse ligne claire en B.D., la recherche de la simplicité, c’est l’art suprême.

On vous compare justement souvent à Marc Levy, Anna Gavalda... Avez-vous le sentiment d’appartenir à un courant littéraire?

Je suis dans le camp des auteurs raconteurs d’histoire, pas écrivains du moi et c’est un point commun avec eux. J’aime qu’on me raconte quelque chose, vibrer avec les personnages. Mais je ne pense pas appartenir à un courant.

Dans vos romans, les personnages se retrouvent souvent face à la mort et c’est le cas d’Ethan et Jessie dans “Je reviens te chercher”. Est-ce nécessaire de confronter la vie à la mort pour se rendre compte de l’importance du moment présent ?

J’ai eu un accident de voiture qui m’a beaucoup marqué à l’âge de 23 ans. J’ai frôlé la mort et pris conscience que la vie, on sait quand ça débute mais pas quand ça se termine. Il faut se concentrer sur les choses importantes et pas accessoires. Facile à dire, pas facile à mettre en place! Souvent, soit on est trop tourné vers le passé, on a de la nostalgie, des regrets, soit on est penché vers un futur hypothétique et l’on risque de passer à côté de la seule vraie vie: le moment présent.

Les personnages finissent parfois par se relever ...

J’aime beaucoup l’idée de seconde chance. Notre grandeur humaine, c’est de se relever après être tombé. Un proverbe de samouraï japonais dit: “Tomber 7 fois, se relever 8”. J’aime décrire des personnages en phase de reconquête de leur vie. D’où cette idée de faire vivre à Ethan la pire journée de sa vie et de tout lui faire perdre. Peut-on en une journée racheter des erreurs de toute une vie?

Croyez vous au destin?

On vit dans un monde où les contraintes pèsent sur nous. Pourtant, il y a des degrés de liberté, la possibilité de faire des choix dans un environnement particulier. Je ne crois pas au destin tout puissant, au fait que tout soit écrit, mais il y a certaines évidences dans la vie. J’aime y croire lors de rencontres amoureuses, penser: “J’étais destiné à la rencontrer”.

L’adaptation cinématographique de “Et après...” sortira au mois d’octobre. L’avez-vous vue?

Oui, elle est formidable! Je craignais une version édulcorée mais ce n’est pas du tout le cas, les acteurs sont épatants, il y a beaucoup d’émotion. C’est un beau film qui respecte le roman, je crois qu’il plaira aux lecteurs.

Propos recueillis par Camille Perotti

Crédit photo : Alexis Haulot

 

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