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22/04/2008

Michel Drucker et la lecture

4d252a6a5ce20750f9de9c7754475cda.jpgMichel Drucker a récemment publié sa biographie “Mais qu’est ce qu’on va faire de toi?” (Robert Laffont) où mémoires et anecdotes se confondent avec des réflexions sur le monde de la télévision. “Le succès de ce livre est tellement inattendu. C’est un tel bonheur, je ne savais pas que cela allait provoquer de telles réactions. Les téléspectateurs qui lisent ne sont pas des téléspectateurs comme les autres. J’ai pris goût à l’écriture, ça m’a donné envie de continuer.”
Vous dites que vous êtes venu à la lecture par l’image...
C’est vrai. C’est étonnant. Je n’ai rien lu, rien retenu de l’âge de 7 ans à 17 ans. Ce sont les adaptations télévisées de romans qui m’ont ramené à l’écrit. Les personnes aussi, Fabrice Luchini m’a fait découvrir Céline, Roland Barthes, Nietzsche et même La Fontaine. C’est en voyant “Les raisins de la colère” que j’ai eu envie de lire Steinbeck, etc. C’est aussi pour cette raison que je suis un ardent défenseur du service public. Si j’avais eu Luchini comme prof de français ou les grands producteurs de documentaires historiques en tant que professeurs d’histoire, j’aurais peut-être fait des études. Quand les adaptations sont bien faites, elles peuvent avoir un grand impact sur les enfants. Il n’y a pas que des mauvais élèves, il y aussi de mauvais pédagogues.
Que lisez-vous en ce moment ?
Des choses très différentes. Je lis Maupassant, Balzac et Zola et ce sont des téléfilms qui m’ont donné envie de lire ces auteurs.
Le thème de la Foire du Livre 2008, c’est “Les mots en colère”. Quelles sont vos colères?
Les premières colères rentrées, je les ai eues très jeune, quand je faisais des petits boulots. J’ai découvert ce que c’était d’être né du bon ou du mauvais côté du périphérique. Quand j’étais homme de ménage à Orly je ressentais quelque chose qui était une colère, un engagement politique, sans le savoir.
L’injustice vous met en colère?
Oui, la société à deux vitesses, les riches sont trop riches, les pauvres, trop pauvres. J’ai toujours été confronté à de petites gens, ceux qui regardent la télévision le dimanche après-midi, ce sont des gens qui ne sortent pas. C’est une France que je connais bien, je sais comment vivent les gens. Mes colères, j’essaie de les exprimer de manière intelligente, en invitant Philippe Geluck ou Nicolas Canteloup, mes émissions sont plus subversives qu’on ne le croit.
La colère a-t-elle été un moteur de votre réussite ?
Bien sûr. J’étais en colère contre tout, mon père, moi... Dans le livre, j’explique cela et aussi mes colères actuelles, les impostures du milieu de la télévision. Dans “Monstres sacrés”, il y a “monstres”...
Rencontre parue dans "La Libre" du 08/03/2008

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