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22/04/2008

Katherine Pancol et ses personnages virevoltants de

0e7512f3df9285bf25d4349c07b26441.jpgAprès le succès du roman “Les yeux jaunes des crocodiles” –près de 500 000 exemplaires vendus!– paru en 2006, Katherine Pancol ne pouvait qu’écrire la suite des aventures de ses personnages si attachants.
Née au Maroc, Katherine Pancol étudie la littérature à Paris. Après un détour par l’enseignement, elle devient journaliste, “mes premiers mots imprimés à l’encre noir sur blanc” pour “Paris Match” et “Cosmopolitan”. Un déclic et les articles se métamorphosent en romans dès 1979; elle n’a jamais arrêté d’écrire depuis lors, toujours des articles, pour “Paris Match”, mais surtout, des romans, parmi lesquels: “Les hommes cruels ne courent pas le rues”, “Encore une danse”, “Embrassez-moi” et “La valse lente des tortues”.
SPIRALE DE PERSONNAGES
Comme dans “Les yeux jaunes des crocodiles”, ce qui fait la force de “La valse lente des tortues”, ce sont ses personnages. On retrouve la douce, gentille et très timide Joséphine dont le mari, Antoine, a été dévoré par un crocodile au Kenya. Grâce à l’argent qu’elle a gagné avec son best seller –que sa sœur, Iris, belle, riche, sûre d’elle et snob, a tenté de s’attribuer– elle a quitté la banlieue parisienne pour s’installer dans un immeuble cossu de Passy. Veillant sur sa fille Zoé, adolescente cherchant le grand amour, elle fait connaissance avec ses voisins qui se révèlent très intrigants voire, inquiétants. Alors que l’ambitieuse aînée, Hortense, est entrée dans une prestigieuse école de stylisme à Londres, Joséphine tombe amoureuse de son beau-frère, Philippe, qui vit dans la même ville. Le baiser échangé dans la cuisine le soir du réveillon de Noël l’obsède et devient sa consolation quand une série de meurtres vient perturber la tranquillité bourgeoise de son quartier.
Beaucoup d’autres personnages gravitent autour de cette famille, bons et méchants, traîtres et amis fidèles, séducteurs et goujats. A travers ce long roman, Katherine Pancol continue de dresser le portrait de femmes libres, modernes, à la réussite sociale et professionnelle éclatante mais à la vie sentimentale un peu bancale.
CHEMINS DE TRAVERSE
Les personnages évoluent lentement, à l’image d’une valse de tortues: la vie défile à toute vitesse, rapide, violente, alors qu’ils se débattent avec un quotidien sur lequel ils ont peu de contrôle. Ils marchent, progressent, chutent parfois, mais se relèvent, abîmés ou plus forts, démontrant que la vie n’est pas une ligne droite toute tracée. Ils virevoltent, empruntent des chemins de traverse, en quête de leur identité, et cela dans un seul but: l’amour.
“La valse lente des tortues” décrit la progression de ces personnages auxquels on s’identifie très vite, toutes les générations étant représentées, avec leurs lots de déboires sentimentaux, turpitudes et incidents de parcours: comme dans la vraie vie. Dans un langage courant, le réalisme charmant et un peu sucré, ralentit l’action car il est brodé d’une multitude de détails anodins. Néanmoins, loin d’une ambition de littérature érudite ou d’effets de style recherchés, on ressent que le but de Katherine Pancol est simple: raconter des histoires d’hommes et de femmes qui nous ressemblent pour montrer la vie sous un angle différent. “La valse lente des tortues” en est la preuve, elle excelle en ce domaine, jalonnant son récit d’une foule de réflexions pleines de justesse et de tendresse. “Et qu’est-ce qu’on fait quand l’amour creuse un trou d’obus, tellement énorme qu’on pourrait voir le ciel à travers? ... Je n’ose pas lui dire je vous aime, j’ai peur que ce soit un trop grand mot. Je sais bien que dans mes je vous aime, il y a un m’aimez-vous ?, que je n’ose prononcer de peur qu’il ne s’éloigne les mains dans les poches de son duffle-coat. Une femme amoureuse est-elle forcément une femme inquiète, douloureuse?”
Critique parue dans le cahier "Lire" du 07/03/2008

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