Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

22/04/2008

Le Chat de Philippe Geluck: 25 ans!

8f1dab5531c4b0954db5f8fb5c116f5d.jpg
39d308c255b954382d21619a9c35636d.jpgLe Chat est invité d’honneur et pas moi. Tout le monde devient fou !Philippe Geluck, père spirituel du Chat, revendique son statut de créateur et tient à souligner que sans lui, Le Chat n’existerait pas. A l’occasion du 25e anniversaire de son fidèle compagnon, Philippe Geluck multiplie les cadeaux : débats et séance de dédicace à la Foire du Livre de Bruxelles, grande exposition au salon du Livre de Paris (du 14 au 19 mars), parution d’un hors-série de Télérama et d’un coffret “Tout le Chat” aux éditions Casterman, rassemblant en 7 volumes petit format l’intégrale des 14 albums, avec, au total, 42 pages inédites ! Rencontre à la Foire avec Philippe Geluck et son si flegmatique Chat.
Le Chat fête ses vingt-cinq ans, il ne les fait pas…
Ça passe tellement vite, je deviens le roi des anniversaires. Les 20 ans, c’était il y a cinq ans ! Dans trois ans, je ferais peut-être les 25 ans de la sortie du premier album. Il faut que j’arrive à trouver un anniversaire par an…
Pourquoi le Chat est chat et pas vache ou grenouille ?
Parce que je voulais qu’il soit un antihéros et les chats sont des héros. Alors que le chien a un côté pataud naturel, sauf Rex chien flic ou les bergers allemands qui sont les Alain Delon des chiens (pas un pet d’humour), le chat, non. Il fallait que le Chat soit tout le contraire, c’est donc un patapouf.
Le Chat aborde tous les sujets. Avez-vous été censuré ?
Bien sûr, mais infiniment peu. Je ne joue pas dans un genre très polémique non plus. Il fut une époque où dans “Le Soir”, on ne pouvait pas montrer un zizi, j’ai quelques dessins qui ont donc été remerciés. Je préfère une provocation plus douce, prendre les choses à revers, en ne disant pas tout parce que c’est plus fort.
La femme vêtue d’une burka revient souvent ces derniers temps…
Le personnage de femme voilée est très intéressant pour le dessinateur, graphiquement, il est simple. De plus en plus, je vais vers la synthèse, vers la pureté du trait.
Cette femme, c’est une manière de s’engager ?
Je n’ai pas la prétention de dire que je suis engagé, mes dessins restent des petits mickey, mais, évidemment, je dénonce le machisme.
La religion est aussi un sujet récurrent.
Je crois qu’aujourd’hui, on peut rire de tout et j’en profite. Du temps de l’Inquisition, j’aurais fini en saucisse de Francfort.
Le thème de la Foire 2008 est la colère. Le Chat et vous, avez-vous des raisons d’être en colère ?
Le Chat a une colère contenue, tout comme moi. J’essaie de maîtriser mon impulsivité mais il ne faut pas me chercher. Je suis très très très très patient mais au moment où je me mets en boule… La colère peut être bénéfique mais je ne crois pas que l’homme soit perfectible, il suffit de rien pour retomber dans la barbarie et l’imbécillité absolue. J’adore cette phrase d’Einstein : “Il y a deux choses infinies : l’univers et la bêtise humaine. Et encore, pour l’univers, je n’en suis pas tout à fait certain.” Je pense en revanche, comme Aragon, que la femme est l’avenir de l’homme.
La situation politique belge vous met en colère ?
En Belgique, on ne se tire pas une balle dans le pied, on se fusille à la kalachnicof. Si le Chat avait de hautes fonctions, il changerait tout. Moi, je modifierais les uniformes de la police : ils s’habilleraient en marsupilami et ceux qui font la circulation, en schtroumpfs, cela ouvre d’immenses perspectives.
Après la colère, le rire. Vous avez passé près de dix ans à Paris, il est plus facile de faire rire le Belge ou le Français ?
Définitivement, le Belge ! Il aime rire, il rit comme il respire alors que le Français pense que rire est une faiblesse. Il intellectualise avant de se laisser aller au rire. En Belgique, il y a un côté bon vivant.
Pour la suite ? Mille projets ?
Oui, je voudrais faire un dessin animé. Avec Le Chat, je vais essayer d’écrire des histoires plus longues, peut-être cinq ou six planches. Ou tenter totalement autre chose, écrire une pièce de théâtre ou un seul en scène.
Rencontre parue dans "La Libre" du 06/03/2008
Crédit photo: Johanna de Tessières

Les commentaires sont fermés.