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21/04/2008

Françoise Dorin : une femme moderne

b675fc5042ab1fb075b22b727bf2f1bc.jpgFrançoise Dorin est de ces femmes dont la joie de vivre semble inébranlable. Pétillante, enjouée, l’auteure de la fameuse pièce de théâtre “La Facture” et parolière de la chanson “Que c’est triste, Venise” interprétée par Aznavour, signe un roman à son image, où le ton léger côtoie avec humour des sujets sérieux.
Lou, féministe convaincue, rencontre Vincent, macho “résistant”, au cours d’une émission de télévision à l’occasion de la publication de leurs livres, “L’adieu au cow-boy” et “La Tarzane”. Choc des cultures et des convictions, pourtant l’amour s’invite. Au-delà de la fiction, dans “En avant toutes !” (Plon, 277 pp. env. 20 €), Françoise Dorin sonde les acquis sociaux et intellectuels des femmes et pose, aujourd’hui, la question de la légitimité des mouvements militants.
Vous écrivez des romans, des pièces de théâtre, des chansons. Avez-vous un genre de prédilection ?
Très sincèrement, j’aime écrire. Tout simplement. J’ai peut-être une petite préférence pour le théâtre. Dans ce roman, il y a beaucoup de dialogues à cause de mon amour du théâtre. C’est un choix. Les personnages sont plus vivants.
A la lecture de votre œuvre, un thème est récurrent : le couple…
Evidemment ! Si on choisit d’écrire sur la vie, on écrit sur le couple. La vie, c’est la famille mais à l’origine de la vie, il y a le couple.
Les relations homme/femme ont beaucoup changé en trente ans ?
Ô combien ! Je vis dans une société complètement différente de celle de mon enfance. Mes parents, par exemple, formaient un couple très uni mais très classique. Mon père avait une autorité tranquille, naturelle parce qu’il avait l’argent. Ma mère s’occupait de la maison. Une femme ne pouvait envisager d’élever ses enfants ou de s’en sortir seule parce qu’elle n’avait pas d’argent. Puis, peu à peu, les femmes ont commencé à travailler, ont acquis une indépendance financière et grâce à cela une émancipation intellectuelle.
Le féminisme et le machisme ont-ils encore une raison d’être ?
Personnellement, je crois qu’on devrait laisser les hommes souffler un peu et faire une pause. Je crois que les jeunes hommes en font autant que les femmes aujourd’hui. Ils cuisinent, s’occupent des enfants et passent même l’aspirateur si on leur demande gentiment. Le plus important, c’est que les femmes soient à égalité avec les hommes, qu’elles aient des libertés, des droits. La dernière bataille sera celle de l’égalité des salaires…
Et les hommes… ?
Les hommes ! Je comprends que cela puisse leur poser un problème. Jusque-là ils étaient sur un piédestal mais on en a sérieusement scié les pieds. Si j’oublie un instant que je suis une femme et que je me mets à leur place, ce n’est pas une position follement agréable. Il faut comprendre que c’est un bouleversement pour eux. Ils sont déstabilisés par cette montée sociale de la femme mais ils y gagnent par une égalité intellectuelle. A l’époque, en général, les femmes restaient cloisonnées dans l’univers de la maison, il y avait peu de sujets de conversation. Aujourd’hui, la vie est plus intéressante parce qu’on peut tout partager. C’est un grand bénéfice.
Mais il ne faut pas tomber dans l’excès contraire. C’est ce que je dénonce un peu dans le livre, quand les hommes commencent à être complexés et avoir des problèmes sexuels parce que la femme fait peur. Il faut trouver un juste équilibre.
Rencontre parue le 26/10/2007 dans le cahier "Lire" de "La Libre"
Johanna de Tessières

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