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21/04/2008

Sophie Chauveau et Léonard de Vinci

266727350d409f46c9e76d09e7fa25cf.jpgComédienne, scénariste, Sophie Chauveau est également romancière. Après “La passion Lippi” et “Le rêve Botticelli” (en poche, Folio), paraît “L’obsession Vinci” (Télémaque, 435 pp., env. 21 €) qui clôt la trilogie du “Siècle de Florence”. Ce roman historique fondé sur des faits attestés dévoile la personnalité de Léonard de Vinci et particulièrement l’origine de sa recherche permanente de compréhension du monde. De la rigueur historique à l’invention romanesque, Sophie Chauveau manie les genres pour un mélange réussi. Elle donne à voir une interprétation personnelle de la vie du grand maître, celle de “son” Léonard.
Pourquoi avez-vous choisi d’écrire un roman plutôt qu’une biographie ?
Je suis en train d’écrire une biographie (Gallimard). Mais le roman était mon idée initiale. J’ai commencé par écrire un roman sur Lippi et puis l’un a entraîné l’autre, Botticelli puis Léonard de Vinci. Il y a tellement de légendes sur Léonard ! Tout le monde ment. J’ai donc fait beaucoup de recherches pour montrer un Léonard le plus musicalement juste. Ma conviction profonde, c’est que la vie éclaire l’œuvre. Selon la vie que l’on mène, ses traumatismes, son enfance, ça change tout. J’ai cherché le Léonard vrai.
Un travail de démythification ?
Sans doute, mais il est probable que j’invente aussi ma légende. Par exemple, cette passion de Léonard pour les animaux. On est sûr de cet amour sincère. J’ai donc créé une histoire d’amour avec un cheval. Je pars des faits attestés puis j’invente, je romance.
Quelle est la différence entre écrire une biographie et un roman ?
Pour la biographie, je garde les informations recoupées par plusieurs chercheurs, ce qui est avéré. J’enlève tout ce que j’ai inventé, ce qui est parfois compliqué parce que j’ai tellement vécu avec ce héros que je ne distingue plus le vrai du faux. Je me frustre, je me restreins. Je ne dois pas me laisser déborder par mon imagination, mon enthousiasme, mon émotion.
Pourquoi ce titre ?
Parce qu’il est obsédé sexuellement, mais surtout parce qu’il obsède le monde et qu’il a lui-même une obsession de comprendre le monde, une sorte de dévoration.
Pourquoi Léonard de Vinci ?
Cela s’est déduit naturellement des autres livres. Lippi, Botticelli, je ne pouvais pas écrire sur eux sans parler de Léonard. Il marque la fin de la Renaissance, c’est une impasse. La boucle est bouclée. Finalement, le plus grand maître de la peinture n’a rien inventé, n’a rien apporté à l’humanité. Il y a une forme d’imposture, c’est très intéressant pour un romancier. J’ai essayé de trouver “mon” Léonard avec ce que je sais sur lui et mon intime conviction. Le roman est un genre formidable parce qu’on peut marcher dans ses pas.
Est-il un personnage romanesque ?
Sincèrement, je crois que je n’invente rien, que je suis même au-dessous de la réalité. Il a passé sa vie à avancer masqué, à se dissimuler. Pour qu’on invente tant de légendes à son sujet, c’est qu’il y a quelque chose de particulier. L’énigme de Vinci ne sera jamais éludée. Il n’y a que douze tableaux, ce n’est rien. Non seulement il ne peint pas beaucoup, mais il ne finit rien. Il y a un mystère. Sa plus grande œuvre, c’est sa vie. Je suis une toute petite romancière par rapport au récit de sa vie. C’est un héros formidable ! Difficile d’y résister.
Rencontre parue dans le cahier "Lire" du 11/01/2008

Commentaires

Merci Sophie d'avoir rendu mon Rêve possible.J'ai partagé de trés bons moments avec ces grands peintres que j'admire.Tourner la dernière page a été un déchirement.Alors j'espère un quatrième volume...peut être!!!

Écrit par : Sylvie | 05/05/2008

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